RECOMMANDATIONS
SANITAIRES POUR LES VOYAGEURS 2003
(à l’attention des professionnels de santé)
Ces recommandations ont été élaborées
par le comité des maladies liées aux voyages
et des maladies d’importation, et approuvées
par le Conseil supérieur d’hygiène publique
de France lors de la séance 16 mai 2003. Elles tiennent
compte des données du Centre national de référence
de l’épidémiologie du paludisme d’importation
et autochtone (CNREPIA) et du Centre national de référence
de la chimiosensibilité du paludisme (CNRCP). Ce
texte reprend pour l'essentiel les recommandations de l'année
2002.
Quelques modifications sont intervenues en conformité
avec les évolutions thérapeutiques (médicaments
antipaludiques). Des recommandations supplémentaires
concernent le voyageur âgé, ainsi que la vaccination
contre l'hépatite A particulièrement utile
chez l'enfant voyageur.
Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)
En novembre 2002, une pneumonie atypique ou SRAS (Syndrome
respiratoire aigu sévère) s'est développée
à partir de Chine du Sud et s'est étendue
par la suite à d'autres régions. Les recommandations
aux voyageurs relatives au SRAS étant susceptibles
d'être régulièrement modifiées
en fonction de l'évolution des connaissances, il
est conseillé de consulter un des sites suivants
:
www.who.int • www.invs.sante.fr • www.sante.gouv.fr
1 - VACCINATIONS [haut de
page]
Deux critères interviennent dans l’établissement
d’un programme de vaccinations destiné à
un voyageur.
Le premier de ces critères est l’obligation
administrative qui correspond plus à la protection
du pays contre un risque infectieux venant de l’extérieur
qu’aux risques encourus par le voyageur.
Les risques réels encourus par le voyageur constituent,
quant à eux, le second critère et varient
en fonction de plusieurs paramètres :
- la situation sanitaire du pays visité ;
- les conditions et la durée du séjour ;
- les caractéristiques propres du voyageur, en particulier
l’âge et aussi le statut vaccinal antérieur.
Ces éléments permettent d’établir
un programme vaccinal adapté, à partir de
la gamme de vaccins disponibles.
1.1 - POUR TOUS ET QUELLE QUE SOIT LA DESTINATION
Adultes
Mise à jour des vaccinations contre le tétanos,
la poliomyélite et la diphtérie, de préférence
avec la dose réduite de la valence diphtérie.
Enfants
Mise à jour des vaccinations incluses dans le calendrier
vaccinal français, mais plus précocement pour
:
- la vaccination contre la rougeole (à partir de
9 mois, suivie d’une revaccination six mois plus tard
en association avec les oreillons et la rubéole)
;
- la vaccination contre l’hépatite B (dès
la naissance si le risque est élevé) ;
- le BCG, dès la naissance.
1.2 - EN FONCTION DE LA SITUATION ÉPIDÉMIOLOGIQUE
DE LA ZONE VISITÉE
Fièvre jaune
Indispensable pour tout séjour dans une zone intertropicale
d’Afrique ou d’Amérique du Sud, même
en l’absence d’obligation administrative (voir
carte).
Exigible à partir de l’âge d’1
an, possible dès 6 mois.
Déconseillée pendant toute la durée
de la grossesse excepté si le séjour ou le
voyage en zone d’endémie ne peuvent être
reportés ; dans ce cas, la vaccination est nécessaire
en raison de la létalité élevée
de la maladie.
Vaccin réservé aux centres agréés
de vaccination.
Une injection au moins 10 jours avant le départ,
validité : 10 ans.
Encéphalite japonaise
Séjour prolongé en zone rurale en Asie du
Sud (y compris l’Inde et le Népal) et en Asie
de l’Est.
Vaccin disponible dans les centres agréés
de vaccination (Autorisation temporaire d’utilisation
nominative).
Trois injections à J0, J7, J21 (la dernière
au moins 10 jours avant le départ ; rappel deux ans
plus tard).
Possible chez l’enfant à partir de l’âge
d’1 an (entre 1 et 3 ans : demi-dose).
Encéphalite à tiques
Séjour en zone rurale (ou randonnée en forêt)
en Europe centrale, orientale et du Nord, au printemps ou
en été.
Trois injections : les deux premières à un
mois d’intervalle, la troisième neuf à
12 mois après la première ; rappels tous les
trois ans.
Possible chez l’enfant à partir de 3 ans ;
jusqu’à 16 ans : demi-dose lors de la première
injection.
Méningite à méningocoques
Trois vaccins contre les méningocoques sont actuellement
disponibles en France :
- le vaccin conjugué contre le méningocoque
de sérogroupe C ;
- le vaccin contre les méningocoques des sérogroupes
A et C ;
- le vaccin tétravalent contre les méningocoques
des sérogroupes A, C, Y, W 135 réservé
pour le moment aux centres agréés de vaccination
en raison d’une disponibilité limitée.
La vaccination par le vaccin tétravalent est obligatoire
pour les personnes se rendant au pèlerinage de la
Mecque (Hadj ou Umrah) ; elle doit dater de plus de 10 jours
et de moins de trois ans.
La vaccination contre le méningocoque est recommandée
(avis du Conseil supérieur d’hygiène
publique de France du 14 septembre 2001 relatif à
la vaccination contre les méningocoques du sérogroupe
A, C, Y, W135) :
- aux enfants de plus de 2 ans (changement d’AMM en
2003) et aux jeunes adultes se rendant dans une zone où
sévit une épidémie ;
- aux personnes quel que soit leur âge, se rendant
dans cette zone pour y exercer une activité dans
le secteur de la santé ou auprès des réfugiés
;
- aux personnes se rendant dans une zone d’endémie
(ceinture de la méningite en Afrique) au moment de
la saison de transmission dans des conditions de contact
étroit et prolongé avec la population locale.
Le vaccin tétravalent doit être réservé
aux voyageurs exposés se rendant dans une zone où
le risque de méningite à méningocoque
W 135 est avéré.
L'actualité des épidémies de méningites
à méningocoque est consultable sur le site
Internet de l'OMS à l'adresse suivante : http://www.who.int/diseaseoutbreaknews/
La vaccination n’est pas recommandée chez les
autres voyageurs, y compris ceux séjournant brièvement
dans une zone d’épidémie mais ayant
peu de contacts avec la population locale.
1.3 - EN FONCTION DES CONDITIONS ET DE LA DURÉE
DU SÉJOUR
Hépatite A
Pour tout type de séjour dans un pays où l’hygiène
est précaire, et particulièrement chez les
patients infectés chroniques par le virus de l’hépatite
B.
Une injection deux semaines avant le départ, rappel
six à 12 mois plus tard, durée de protection
: 10 ans.
Peut être faite à partir de l’âge
d’1 an.
Un examen sérologique préalable (recherche
d’IgG) a un intérêt pour les personnes
ayant des antécédents d’ictère,
ou ayant vécu en zone d’endémie ou nées
avant 1945.
Typhoïde
Séjours prolongés ou dans de mauvaises conditions
dans des pays où l’hygiène est précaire.
Une injection 15 jours avant le départ, durée
de protection : trois ans.
Enfants : à partir de 2 ans.
Hépatite B
En dehors des recommandations du calendrier vaccinal (enfants,
professions de santé et/ou conduites à risque),
cette vaccination est recommandée pour des séjours
fréquents ou prolongés dans les pays où
l’accès à des soins de qualité
est aléatoire.
Deux injections espacées d’un mois, rappel
unique six mois plus tard.
Rage à titre préventif
Séjour prolongé ou aventureux et en situation
d’isolement dans un pays à haut risque (surtout
en Asie et notamment en Inde).
Recommandé en particulier chez les jeunes enfants
dès l’âge de la marche.
Trois injections à J0, J7, J 21 ou J28, rappel un
an plus tard ; durée de protection : cinq ans.
La vaccination préventive ne dispense pas d’une
immunothérapie curative qui doit être mise
en oeuvre le plus tôt possible en cas d’exposition
avérée ou suspectée.
Grippe
Mise à jour de la vaccination contre la grippe pour
toutes les personnes faisant l'objet d'une recommandation
dans le calendrier vaccinal français, participant
à un voyage en groupe, notamment en bateau de croisière.
Toutefois, la disponibilité d'un vaccin adapté
à la zone du voyage et à la saison peut poser
un problème.
2 - PALUDISME (tableau 1) [haut
de page]
2.1 - DONNÉES ÉPIDÉMIOLOGIQUES
Le nombre de cas de paludisme d’importation, qui augmentait
régulièrement depuis 1996 parallèlement
à l’accroissement des flux de voyageurs vers
les zones d’endémie (près de 3,45 millions
en 2001), a diminué en 2001 selon le CNREPIA qui
l’a estimé à 7 370 cas, et poursuit
sa décroissance d'environ 10 % en 2002. Les pays
de contamination sont majoritairement situés en Afrique
subsaharienne (95 % des cas), ce qui explique que plus de
80 % des cas soient dus à Plasmodium falciparum.
En ce qui concerne les cas importés en France, l’incidence
annuelle approchée pour l'Afrique est de 455 cas
pour 100 000 voyageurs ; elle est 15 à 23 fois plus
faible respectivement en Amérique du Sud et en Asie.
Le nombre de décès est toujours de l'ordre
de 20 par an. Les chimiorésistances de P. f a lciparum
à la chloroquine et au proguanil restent stables
depuis 1996 pour les souches d’Afrique analysées
par le CNRCP (10 à 17 % en pays de groupe 2) et il
n'apparaît pas d'émergence de la méfloquinorésistance
en Afrique.
On constate toujours que plus de deux tiers des cas importés
en France surviennent chez des sujets originaires d’Afrique
subsaharienne, qui semblent moins bien informés des
mesures prophylactiques nécessaires, ou dissuadés
par leur coût.
Il faut à nouveau insister sur la nécessité
de diffuser largement les recommandations de prévention
auprès de l’ensemble des populations de voyageurs
européens ou africains.
2.2 - RECOMMANDATIONS
2.2.1 - Généralités
Il convient d’insister sur la nécessité
de l'observance simultanée d’une protection
contre les piqûres de moustiques et d’une chimioprophylaxie.
Il est dangereux de laisser un voyageur partir sans prophylaxie
dans un contexte (zone et saison) de transmission intense.
L’accent doit également être mis sur
la nécessité d’une chimioprophylaxie
pour tous les Africains résidant en France lorsqu’ils
se déplacent en zone impaludée (en particulier
les enfants qui ont un risque accru d’accès
palustre grave, du fait de la non-immunisation antérieure
contre le Plasmodium).
On s’efforcera de personnaliser les conseils de prophylaxie
en tenant compte de l’intensité de la transmission
du paludisme et de la fréquence des résistances
dans les zones considérées, des conditions
du voyage, des antécédents pathologiques et
d’intolérance aux antipaludiques (ainsi que
des interactions possibles des antipaludiques avec d’autres
médicaments) et d’une grossesse ou de son éventualité
(notamment en raison de la gravité du paludisme chez
la femme enceinte).
Aucun moyen préventif n’assure à lui
seul une protection totale et, même si une chimioprophylaxie
adaptée a été bien prise, il est possible
de développer un paludisme, parfois atypique ou d’apparition
tardive. Les symptômes initiaux sont souvent peu alarmants
mais le paludisme peut être mortel si son traitement
est retardé. En cas de fièvre, nausées,
céphalées, myalgies ou fatigue au cours du
séjour ou dans les semaines ou mois qui suivent le
retour, un médecin doit être consulté
sans retard. Il existe un polymorphisme parfois trompeur
de la symptomatologie palustre, la fièvre pouvant
être associée à des troubles digestifs
ou à des douleurs abdominales.
Toute pathologie fébrile au retour des tropiques
doit être considérée a priori comme
pouvant être d’origine palustre et investiguée
comme telle.
Environ 5 % des accès palustres à P. falciparum
sont observés au-delà des 2 mois suivant le
retour. Un échantillon de sang doit être examiné
pour porter le diagnostic. La précocité du
diagnostic et l’adéquation du traitement sont
les facteurs essentiels de survie en cas de paludisme à
P. falciparum.
2.2.2 - Réduire le risque de piqûres de
moustiques
Sans piqûre d’anophèles, pas de paludisme
: la lutte contre les moustiques est donc la première
ligne de défense dans la prévention du paludisme.
Les anophèles piquent habituellement entre le coucher
et le lever du soleil : c’est pendant cette période
que la protection doit être maximale.
Porter des vêtements longs le soir, dormir dans des
pièces dont les ouvertures (fenêtres, portes)
sont protégées par des grillages - moustiquaires
en bon état, éviter de sortir la nuit, même
un court moment, sans protection anti-moustiques (et a fortiori
de dormir la nuit à la belle étoile sans moustiquaire),
sont des mesures capitales pour réduire l’exposition
aux piqûres mais, malgré tout, insuffisantes
à elles seules, pour la prévention du paludisme.
Utiliser des insecticides le soir dans les chambres : diffuseur
électrique avec tablette ou flacon de liquide (penser
à l'adaptateur de prises de courant) ou bombe insecticide.
A l’extérieur ou dans une pièce aérée,
on peut utiliser des tortillons fumigènes. Le fait
d’utiliser la climatisation, qui réduit l’agressivité
des moustiques mais ne les empêche pas de piquer,
ne doit pas dispenser d’utiliser des insecticides.
Dormir sous une moustiquaire imprégnée de
pyréthrinoïdes (deltaméthrine ou perméthrine).
La moustiquaire imprégnée d’insecticide
assure la meilleure protection contre les piqûres
de moustiques nocturnes. Elle doit être en bon état
et utilisée correctement (soit bordée sous
le matelas, soit touchant le sol). On peut se procurer des
moustiquaires déjà imprégnées
en pharmacie ou les imprégner soi-même avec
des kits d’imprégnation disponibles en pharmacie.
La rémanence du produit est de 6 mois.
Les vêtements ainsi que les toiles de tente peuvent
être imprégnés par pulvérisation
(spray) ou par trempage (l’insecticide utilisé
doit alors être la perméthrine).
On peut se procurer en pharmacie des flacons vaporisateurs
de perméthrine. La pulvérisation se fait sur
les parties externes des vêtements.
Utiliser des répulsifs (insectifuges ou repellents)
sur les parties découvertes du corps. Ceux qui contiennent
de l’éthylhexanediol (EHD), du diéthyltoluamide
(DEET), du diméthylphtalate (DMP) ou du Nbutyl-N-acétyl-3-éthylaminopropionate
(35/35) ont prouvé leur efficacité. L’efficacité
anti-anophélienne dépend de la concentration
du principe actif contenu dans le produit commercialisé
: DEET entre 35 et 50 %, DMP à 40 %, EHD entre 30
et 50 %, 35/35 à 20 %. Dans une même marque
de produits, la concentration en principe actif varie selon
la présentation : lotion, crème, spray ou
stick.
L’application du produit doit se faire dès
le coucher du soleil sur toutes les parties découvertes
du corps, visage compris, ainsi que sur les parties pouvant
se trouver découvertes à l’occasion
de mouvements. La durée de la protection varie de
2 à 5 heures : elle dépend de la concentration
du produit et de la température extérieure.
Les produits seront renouvelés plus fréquemment
en fonction de la transpiration ou des bains et des douches.
Ces produits peuvent être toxiques s’ils sont
ingérés : éviter tout contact avec
les muqueuses buccales ou oculaires. Pour les jeunes enfants,
on préfèrera utiliser un répulsif à
base d’éthylhexanediol à 30 %. La pulvérisation
de répulsifs sur les vêtements est possible
mais de courte efficacité (2 heures) car les produits
sont volatils et photolabiles.
Les répulsifs cutanés sont contre-indiqués
pour les femmes enceintes.
2.2.3 - Prendre une chimioprophylaxie
Plasmodium falciparum (Afrique surtout, Amérique
et Asie forestières) expose à un risque d’évolution
fatale. Il est dangereux de partir en zone de transmission
intense de cette espèce, par exemple en Afrique subsaharienne,
sans une prise régulière d'une chimioprophylaxie,
en particulier pour les enfants et les femmes enceintes
qui ont un risque accru d’accès grave. De plus,
les résistances de cette espèce à certains
antipaludiques sont fréquentes (tableau 1).
Plasmodium vivax (Asie, Amérique et Afrique de l’Est)
donne des accès palustres d’évolution
en général bénigne. Sa chimioprévention
est donc facultative. La chimioprophylaxie prévient
généralement l’accès primaire
de Plasmodium vivax et de Plasmodium ovale (Afrique) mais
n’empêche pas les rechutes, possibles dans les
deux années qui suivent une infection.
De rares résistances de P. vivax à la chloroquine
ont été signalées dans quelques pays
d’Asie et d’Océanie.
Plasmodium malariae est rarement observé. L’évolution
de l’infection est bénigne mais l’accès
survient parfois tardivement.
Le choix de la prophylaxie médicamenteuse tient compte
des zones visitées (classées en groupe 1,
2 et 3 selon la fréquence de la résistance
à la chloroquine et au proguanil, le groupe 0 correspondant
à un risque nul de paludisme), de la durée
du voyage et aussi de la personne : l’âge, les
antécédents pathologiques, une intolérance
aux antipaludiques, une possible interaction médicamenteuse,
une grossesse (ou son éventualité). Quelque
soit l’antipaludique choisi, il est conseillé
de prendre ce médicament au cours d’un repas.
Aucun antipaludique n’étant toujours parfaitement
toléré, il peut être admissible, dans
une zone à très faible transmission et correctement
médicalisée, d’avoir recours à
la seule protection contre les moustiques.
Pour la chloroquine (Nivaquine ® ) ou l’association
chloroquine-proguanil (Nivaquine ® -Paludrine ®
ou Savarine ® ) ou l’association atovaquone proguanil
(Malarone ® ), commencer le traitement la veille ou
le jour de l’arrivée dans la zone à
risque. Pour la méfloquine (Lariam ® ), il est
préférable de commencer au moins 10 jours
avant l’arrivée dans la zone à risque
afin d’apprécier la tolérance. La chimioprophylaxie
antipaludique doit couvrir 4 semaines après le retour
sauf dans le cas d'une chimioprévention par l’association
atovaquone-proguanil, qui n’est poursuivie que 7 jours
après avoir quitté la zone d’endémie.
En cas de contre-indication ou d'effet indésirable
du Lariam ® , peuvent être proposées l'association
atovaquone-proguanil (Malarone ® ), la doxycycline (Doxypalu
® ) (au-delà de l’âge de 8 ans et
en l'absence de grossesse en cours), ou l'association chloroquine-proguanil
(Nivaquine ® - Paludrine ® ou Savarine ® ) en
dépit de sa moindre efficacité (il conviendra
alors de renforcer les mesures de protection contre les
piqûres de moustiques).
Les médicaments antipaludiques ne peuvent être
délivrés que sur prescription médicale.
La répartition des zones de résistance de
Plasmodium falciparum : la chimiorésistance peut
être appréciée de façon quantitative
par l’étude in vivo ou in vitro, ou par le
génotypage des souches responsables d’accès,
auprès d’échantillons de populations
non immunes vivant en zone d’endémie ou de
voyageurs non chimioprophylactisés.
2.2.3.1 - Cas général [haut
de page]
Tableau 1
Liste des pays pour lesquels il est nécessaire de
prendre une chimioprophylaxie antipaludique
| Pays |
Situation
du paludisme/chimioprophylaxie (1) |
Pour un
séjour de moins de 7 jours : chimio-prophylaxie
facultative (2) |
| Afghanistan |
groupe
2 |
pour l'ensemble
du pays |
| Afrique
du Sud |
Nord-Est
: groupe 3 - ailleurs : pas de chimioprophylaxie |
|
| Angola |
groupe
3 |
|
| Arabie
Saoudite |
Ouest
: groupe 2 - ailleurs : pas de chimioprophylaxie |
pour l'ensemble
du pays |
| Argentine
(*) |
Nord :
groupe 1 - ailleurs : pas de chimioprophylaxie |
pour l'ensemble
du pays |
| Bangladesh |
Sud-Est
: groupe 3 - ailleurs : groupe 2 |
|
| Belize
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Bénin |
groupe
3 |
|
| Bhoutan |
groupe
2 |
pour l'ensemble
du pays |
| Bolivie |
Amazonie
: groupe 3 - ailleurs (*) : groupe 1 |
pour l'ensemble
du pays sauf Amazonie |
| Botswana |
groupe
3 |
|
| Brésil |
Amazonie
: groupe 3 - ailleurs : pas de chimioprophylaxie |
|
| Burkina
Faso |
groupe
2 |
|
| Burundi |
groupe
3 |
|
| Cambodge |
groupe
3 |
|
| Cameroun |
groupe
3 |
|
| Chine |
Nord-Est
(*) : groupe 1 - Yunnan et Hainan : groupe 3 |
pour l'ensemble
du pays sauf Yunnan et Hainan |
| Colombie |
Amazonie
: groupe 3 - ailleurs : groupe 2 |
|
| Comores |
groupe
3 |
|
| Congo |
groupe
3 |
|
| Costa
Rica (*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Côte
d'Ivoire |
groupe
2 |
|
| Djibouti |
groupe
3 |
|
| Equateur |
Ouest
: groupe 1 - Est : groupe 3 |
|
| Erythrée |
groupe
3 |
|
| Ethiopie |
groupe
3 |
|
| Gabon |
groupe
3 |
|
| Gambie |
groupe
2 |
|
| Ghana |
groupe
3 |
|
| Guatemala
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Guinée |
groupe
2 |
|
| Guinée-Bissau |
groupe
2 |
|
| Guinée
équatoriale |
groupe
3 |
|
| Guyana |
groupe
3 |
|
| Guyane
française |
fleuves
: groupe 3 - zone côtière : pas de chimioprophylaxie |
|
| Haïti |
groupe
1 |
|
| Honduras
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Inde |
groupe
2 |
|
| Indonésie |
Bali :
pas de chimioprophylaxie - Indonésie Irian
Jaya : groupe 3 - ailleurs : groupe 2 |
|
| Iran |
Sud-Est
: groupe 2 - ailleurs* : groupe 1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Iraq (*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Kenya |
groupe
3 |
|
| Laos |
groupe
3 |
|
| Libéria |
groupe
2 |
|
| Madagascar |
groupe
2 |
|
| Malaisie |
Sabah,
Sarawak : groupe 3 - ailleurs : groupe 2 |
|
| Malawi |
groupe
3 |
|
| Mali |
groupe
2 |
|
| Mauritanie |
groupe
2 |
|
| Mayotte
(collectivité territoriale) |
groupe
3 |
pour l'ensemble
du pays |
| Mexique
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Mozambique |
groupe
3 |
|
| Myanmar
(ex-Birmanie) |
groupe
3 |
|
| Namibie |
groupe
2 |
|
| Népal |
Teraï
: groupe 2 |
|
| Nicaragua
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Niger |
groupe
2 |
|
| Nigéria |
groupe
3 |
|
| Ouganda |
groupe
3 |
|
| Pakistan |
groupe
2 |
|
| Panama
(*) |
Ouest
: groupe 1 Est : groupe 3 |
pour Panama
Ouest |
| Papouasie-Nouvelle
Guinée |
groupe
3 |
|
| Paraguay |
Est (*)
: groupe 1 ailleurs : |
pour l'ensemble
du pays |
| Pérou |
Amazonie
: groupe 3 ailleurs (*) : groupe 1 |
pour l'ensemble
du pays sauf l'Amazonie |
| Philippines |
groupe
2 |
|
| République
dominicaine |
groupe
1 |
|
| République
centrafricaine |
groupe
3 |
|
| République
démocratique du Congo (ex-Zaire) |
groupe
3 |
|
| Rwanda |
groupe
3 |
|
| El Salvador
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Sao Tomé
et Principe |
groupe
3 |
|
| Salomon
(Iles) |
groupe
2 |
|
| Sénégal |
groupe
2 |
|
| Sierra
Leone |
groupe
2 |
|
| Somalie |
groupe
3 |
|
| Soudan |
groupe
3 |
|
| Sri Lanka
(*) |
groupe
2 |
pour l'ensemble
du pays |
| Surinam |
groupe
3 |
|
| Swaziland |
groupe
3 |
|
| Tadjikistan
(*) |
groupe
1 |
pour l'ensemble
du pays |
| Tanzanie |
groupe
3 |
|
| Tchad |
groupe
2 |
|
| Thaîlande |
Centre
: pas de chimioprophylaxie - Sud-Ouest : groupe 2
- frontières avec le Cambodge, le Laos et le
Myanmar : groupe 3 |
pour l'ensemble
du pays sauf les frontières avec le Cambodge,
le Laos et le Myanmar |
| Timor
Oriental |
groupe
3 |
|
| Togo |
groupe
3 |
|
| Vanuatu |
groupe
2 |
|
| Venezuela
(Amazonie) |
Amazonie
: groupe 3 - ailleurs* : groupe 1 |
|
| Vietnam |
Bande
côtière et deltas : pas de chimioprophylaxie
- ailleurs : groupe 3 |
pour la
bande côtière et les deltas |
| Yemen |
groupe
2 |
|
| Zambie |
groupe
3 |
|
| Zimbabwe |
groupe
3 |
|
(*) essentiellement Plasmodium vivax
(1) groupe 1 : chloroquine ; groupe 2 : chloroquine+proguanuil
ou atovaquone+proguanil ; groupe 3 : méfloquine ou
alovaquone+proguanil ou doxycycline ; cf chapitre 2.2.3.1
(2) Dans ces régions, il est licite de ne pas prendre
de chimioprophylaxie pour un séjour inférieur
à 7 jours, à condition d'être en mesure,
dans les mois qui suivent le retour, de consulter en urgence
en cas de fièvre.
Pays du groupe 0 : zones sans paludisme, pas de chimioprophylaxie
Afrique : Lesotho, Libye, Ile de la Réunion, Ile Sainte
Hélène, Seychelles, Tunisie.
Amérique : toutes les villes et Antigua et Barbuda,
Antilles néerlandaises, Bahamas, Barbade, Bermudes,
Canada, Chili, Cuba, Dominique, Etats-Unis, Guadeloupe, Grenade,
Iles Caïmans, IIes Malouines, Iles Vierges, Jamaïque,
Martinique, Porto-Rico, Sainte-Lucie, Trinidad et Tobago,
Uruguay.
Asie : toutes les villes et Brunei, Georgie, Guam, HongKong,
îles Christmas, îles Cook, Japon, Kazakhstan,
Kirghizistan, Macao, Maldives, Mongolie, Singapour, Taiwan.
Europe : tous les pays (y compris Açores, Canaries,
Chypre, Fédération de Russie, Etats Baltes,
Ukraine, Belarus et Turquie d’Europe).
Proche et Moyen Orient : toutes les villes et Bahreïn,
Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Qatar.
Océanie : toutes les villes et Australie, Fidji, Hawaï,
Mariannes, Marshall, Micronésie, Nouvelle-Calédonie,
Nouvelle-Zélande, île de Pâques, Polynésie
française, Samoa, Tonga, Tuvalu, Wallis et Futuna,
Kiribati, Cook, Samoa occidentales, Nive, Nauru, Palau.
Cas particulier des zones de transmission faible
Compte tenu de la faiblesse de la transmission dans ces pays,
il est admissible de ne pas prendre de chimioprophylaxie,
quelle que soit la durée du séjour. Il est cependant
indispensable d’être en mesure, dans les mois
qui suivent le retour, de consulter en urgence en cas de fièvre.
Afrique : Algérie, Cap-Vert, Egypte, Maroc, Ile Maurice
Asie : Arménie, Azerbaïdjan, Corée du Sud,
Corée du Nord, Ouzbékistan, Turkménistan.
Proche et Moyen Orient : Emirats arabes unis, Oman, Syrie,
Turquie
Pour tous les autres pays, il est nécessaire de prendre
une chimioprophylaxie adaptée à la zone visitée.
La liste de ces pays et la nature de la chimioprophylaxie
indiquée (pays par pays) figurent dans le tableau 1.
Pays du groupe 1 : zones sans chloroquinorésistance
Chloroquine (Nivaquine ® 100) : un comprimé chaque
jour (il est possible aussi de prendre Nivaquine ® 300
: un comprimé deux fois par semaine) pour une personne
pesant au moins 50 kilogrammes (pour une personne de moins
de 50 kg, se référer au chapitre sur l’enfant
voyageur).
Pays du groupe 2 : zones de chloroquinorésistance
Chloroquine (Nivaquine ® 100) : un comprimé chaque
jour et proguanil (Paludrine ® 100) : deux comprimés
chaque jour, en une seule prise au cours d’un repas
ou l’association chloroquine-proguanil (Savarine ®
), un comprimé par jour, pour une personne pesant au
moins 50 kilogrammes (pour une personne de moins de 50 kg,
se référer au chapitre sur l’enfant voyageur).
L’association atovaquone-proguanil (Malarone ® )
peut être conseillée en alternative à
l’association chloroquine-proguanil : un comprimé
(atova-quone 250 mg + proguanil 100 mg) par jour, chez les
personnes pesant au moins 40 Kg . Le traitement peut être
commencé la veille ou le jour du départ. La
durée d’administration continue de l’atovaquone-proguanil
dans cette indication devra être limitée à
trois mois, faute de disposer à ce jour d’un
recul suffisant en traitement prolongé.
Pays du groupe 3 : zones de prévalence élevée
de chloroquinorésistance ou multirésistance
Méfloquine (Lariam ® 250), un comprimé une
fois par semaine, pour une personne pesant au moins 50 kilogrammes
(pour une personne de moins de 50 kg, se référer
au chapitre sur l’enfant voyageur). Pour les séjours
prolongés (durée supérieure à
3 mois), la chimioprophylaxie doit être maintenue aussi
longtemps que possible et il est recommandé aux voyageurs
de prendre rapidement contact avec un médecin sur place
pour évaluer la pertinence et le rapport bénéfice/risque
de la chimioprophylaxie.
L’association atovaquone-proguanil (Malarone ® )
peut être conseillée en alternative à
la méfloquine. Un comprimé (atovaquone 250 mg
+ proguanil 100 mg) par jour. Le traitement peut être
commencé la veille ou le jour du départ. La
durée d’administration continue de l’atovaquone-proguanil
dans cette indication devra être limitée à
3 mois, faute de disposer à ce jour d’un recul
suffisant en traitement prolongé.
La doxycycline (Doxypalu ® ) peut être conseillée,
dans les régions de méfloquino-résistance
(zones forestières de la Thaïlande, frontalières
du Cambodge, du Myanmar (Birmanie) et du Laos), ou en cas
d'intolérance ou de contre-indication à la méfloquine
; elle ne peut être prescrite qu'au-delà de l'âge
de 8 ans et en l'absence de grossesse en cours (voir infra),
à la dose de 100 mg/jour, en débutant la veille
du départ et en poursuivant quatre semaines après
la sortie de la zone à risque ; la doxycycline peut
entraîner une photosensibilité cutanée.
Il est aussi possible, pour ces régions, de prescrire
l’association atovaquone-proguanil.
Quelques remarques
Certains antipaludiques sont contre-indiqués durant
la grossesse : la doxy-cycline (Doxypalu ® ) est déconseillée
pendant le premier trimestre de la grossesse et contre-indiquée
à partir du deuxième trimestre (elle expose
le foetus au risque de coloration des dents de lait).
La distribution de la chimiorésistance dans les pays
du nord et de l'ouest de l'Amérique du Sud (Bolivie,
Colombie, Equateur, Pérou, Venezuela) est mal connue.
Par ailleurs, il est important de savoir que la répartition
des zones de résistance de Plasmodium falciparum telle
qu’indiquée dans le tableau 1 doit être
nuancée en fonction des niveaux de transmission. La
connaissance du pays de destination est insuffisante et il
faut aussi tenir compte de la région visitée,
des conditions de séjour, de la saison, des particularités
locales...
Par exemple, un séjour en Thaïlande ou au Vietnam
mais sans nuitée en zones forestières ne nécessite,
a priori, pas de prévention anti-paludique.
Il en est de même pour toutes les villes d'Asie (sauf
parfois en Inde) ou d'Amérique.
De la même façon, le paludisme ne se transmet
habituellement pas au-dessus de 1 500 mètres d’altitude
en Afrique et de 2 500 mètres en Amérique ou
en Asie.
Ainsi, d’une manière générale,
pour un court séjour touristique ou professionnel (inférieur
à sept jours : durée minimum d’incubation
du paludisme à P. f a lciparum) en zone de faible risque
de transmission, la chimioprophylaxie n’est pas indispensable
à condition de respecter scrupuleusement les règles
de protection anti-moustiques et d’être en mesure,
durant les mois qui suivent le retour, de consulter en urgence
en cas de fièvre, en signalant la notion de voyage
en zone d’endémie palustre.
Ces régions pour lesquelles il est licite de ne pas
prendre de chimio-prophylaxie pour un séjour inférieur
à 7 jours sont également indiquées dans
le tableau 1.
2.2.3.2 - La femme enceinte
Pays du groupe 1
Chloroquine (Nivaquine ® 100) : un comprimé chaque
jour (il est possible aussi de prendre Nivaquine ® 300
: un comprimé deux fois par semaine).
Pays du groupe 2
Soit chloroquine (Nivaquine ® 100), un comprimé
chaque jour, et proguanil (Paludrine ® 100), deux comprimés
par jour, en une seule prise au cours du repas, soit l’association
chloroquine-proguanil (Savarine ® ), un comprimé
par jour.
Pays du groupe 3
Il est déconseillé aux femmes enceintes de se
rendre en zone de forte transmission de paludisme et de multi-résistance
(pays du groupe 3).
Si un séjour en pays du groupe 3 est indispensable,
une prophylaxie par l’association atovaquone-proguanil
(Malarone ® ) ou par la méfloquine (Lariam ®
) pourra être envisagée chez la femme enceinte.
Cependant, le suivi de grossesses exposées à
l’association atovaquone-proguanil est insuffisant pour
exclure tout risque. Pour la méfloquine, en clinique,
l'analyse d'un nombre élevé de grossesses exposées,
n'a apparemment relevé aucun effet malformatif ou foetotoxique
particulier de ce médicament administré en prophylaxie.
2.2.4 - Le traitement par le voyageur d’une fièvre
suspectée de cause palustre
Un traitement antipaludique sans avis médical pendant
le séjour doit rester l’exception et ne s’impose
qu’en l’absence de possibilité de prise
en charge médicale dans les 12 heures. Il doit toujours
être l’application de la prescription d’un
médecin consulté avant l’exposition.
La possession d’un médicament de réserve
en zone d’endémie palustre peut se justifier
lors d’un séjour de plus d’une semaine
avec déplacements en zone très isolée
mais aussi dans des circonstances qui incitent à ne
plus poursuivre la chimioprophylaxie antipaludique, telles
que les voyages fréquents et répétés
ou une expatriation très prolongée.
Le jury de la conférence de consensus : « Prise
en charge et prévention du paludisme d’importation
à Plasmodium falciparum » (14 avril 1999) a considéré
que les seules molécules utilisables pour un traitement
de réserve sont la quinine orale, la méfloquine
et l’association pyriméthamine-sulfadoxine.
La prescription médicale initiale et détaillée
de ce traitement de réserve tiendra compte du type
de la chimioprophylaxie éventuellement suivie, d'une
possible chimiorésistance dans la région du
séjour et des contre-indications aux divers antipaludiques.
Si le voyageur est amené à prendre de lui-même
un tel traitement, il doit être informé de la
nécessité de consulter, de toutes façons,
un médecin dès que possible.
Dans le cas où une consultation médicale et
une recherche parasitologique sont possibles dans l’immédiat,
mieux vaut donc y recourir.
Un traitement par méfloquine ou sulfadoxine-pyriméthamine
peut entraîner des effets secondaires respectivement
neuropsychiques ou cutanés, un traitement par quinine,
des effets auditifs, parfois cardiovasculaires.
L’halofantrine n’est pas indiquée dans
le cadre de l’autotraitement par le voyageur d’une
fièvre suspectée de cause palustre. La prescription
de l'halofantrine exige de toutes façons la réalisation
avant le départ d'un électrocardiogramme avec
mesure de l'espace QTc, et son usage est contre-indiqué
en association à de nombreux médicaments, notamment
hypokaliémiants ou antiarythmiques.
On doit mettre en garde le voyageur sur l'utilisation spontanée
d'autres antipaludiques, non disponibles en France, aisément
accessibles dans certains pays d'endémie, notamment
ceux qui contiennent des dérivés de l'artémisinine
en monothérapie. Seul un médecin est habilité
à prescrire et surveiller l'efficacité de ces
traitements.
Le fait de disposer d'un médicament de réserve
ne dispense pas le voyageur de suivre les conseils prodigués
en matière de chimioprophylaxie ou de protection contre
les moustiques.
Un traitement de réserve ne doit jamais être
pris au retour en France sans avis médical et sans
un examen sanguin préalable.
3 - DIARRHÉE DU VOYAGEUR [haut
de page]
La diarrhée est le problème de santé
qui affecte le plus fréquemment les voyageurs, son
taux d’attaque pouvant dépasser les 50 % dans
certaines études. Il s’agit généralement
d’un épisode diarrhéique aigu bénin,
spontanément résolutif en un à trois
jours, mais qui peut être particulièrement
inconfortable en voyage.
Secondaire à une contamination d’origine plus
souvent alimentaire qu’hydrique, la diarrhée
du voyageur ou turista est due en majorité à
des infections ou toxi-infections bactériennes (E.
coli enterotoxinogène venant en tête des germes
causals).
C’est en séjournant dans les pays à
faible niveau d’hygiène que les voyageurs en
provenance des pays industrialisés sont le plus exposés
au risque de diarrhée. L’incidence est influencée
par la saison, la pathologie préexistante du voyageur
et son comportement alimentaire. La prudence recommande
d’éviter l’ingestion d’aliments
et de boissons à risque (crudités ou aliments
cuits consommés froids, même conservés
au réfrigérateur, eau locale non embouteillée
et glaçons). Il n’y a pas encore de vaccination
disponible. La chimioprophylaxie est déconseillée,
à l’exception de situations particulières.
Le traitement curatif est souvent un auto-traitement pour
lequel il est pratique de disposer de médicaments
dont on se sera muni avant le départ.
Les formes légères peuvent être atténuées
et écourtées par la prise de lopéramide.
Une antibiothérapie n’est indiquée que
dans les formes moyennes ou sévères, fébriles,
ou, éventuellement, quand la diarrhée est
particulièrement gênante, au cours d’un
déplacement par exemple. La préférence
doit alors être donnée à une fluoroquinolone
(contre-indiqué chez l’enfant), en traitement
bref de un à trois jours, en deux prises quotidiennes
ou en une prise unique initiale à double dose.
Pour éviter ou corriger la déshydratation,
particulièrement à craindre pour les jeunes
enfants et les personnes âgées, il est important
de boire abondamment et, si la diarrhée est profuse,
d'utiliser des sels de réhydratation orale (sachets
ou comprimés à diluer). Le lopéramide
est contre-indiqué et une consultation médicale
est recommandée : chez l'enfant de moins de 2 ans
dans tous les cas, et aux autres âges dans les formes
moyennes ou sévères, fébriles ou avec
selles glairo-sanglantes, ou prolongées au-delà
de 48 heures.
En cas de diarrhées dans un groupe de voyageurs,
il est indispensable, pour empêcher l’extension
d’une « épidémie de gastro-entérites
», de renforcer les mesures d’hygiène
(la suppression des poignées de mains et surtout
le lavage des mains avant les repas mais aussi éventuellement
lavage des boutons ou poignées de portes et des surfaces
potentiellement contaminées).
En effet, si les premiers cas sont dus à une intoxication
d’origine alimentaire, les suivants sont, en revanche,
souvent des cas secondaires attribuables à une dissémination
manu portée des germes.
4 - MESURES D’HYGIÈNE ET PRÉCAUTIONS
GÉNÉRALES [haut
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(en milieu tropical mais pas uniquement)
4.1 - HYGIÈNE ALIMENTAIRE
(prévention de la diarrhée des voyageurs,
de l’hépatite A, de l’amibiase...)
Se laver souvent les mains, avant les repas et toute manipulation
d'aliments, et après passage aux toilettes.
Ne consommer que de l'eau en bouteille capsulée (bouteille
ouverte devant soi) ou rendue potable (filtre portatif et
ébullition cinq minutes à gros bouillons,
à défaut, un produit désinfectant à
base de DCCNa, dichloro-iso-cyanurate de sodium). Les glaçons
et glaces doivent être évités. Le lait
doit être pasteurisé ou bouilli.
Peler les fruits. Eviter les crudités, les coquillages,
les plats réchauffés. Bien cuire les viandes
et les poissons d'eau douce. Se renseigner localement sur
les risques de toxicité des poissons de mer (cigüatera).
4.2 - HYGIÈNE CORPORELLE ET GÉNÉRALE
(prévention des myiases, larbish, anguillulose, ankylostomoses,
bilharzioses, infections cutanées...)
Eviter de laisser sécher le linge à l’extérieur
ou sur le sol (risque de myiase).
Ne pas marcher pieds nus sur les plages. Ne pas s’allonger
à même le sable (risque de larbish).
Porter des chaussures fermées sur les sols boueux
ou humides.
Ne pas marcher ou se baigner dans les eaux douces.
Ne pas caresser les animaux, ne pas jouer avec eux, consulter
rapidement en cas de morsure ou de griffure.
Ne pas rapporter d’animaux domestiques ou sauvages,
sauf s’ils répondent aux conditions réglementaires
d’importation (espèces dont le commerce est
autorisé, statut sanitaire et vaccinal faisant l’objet
d’un certificat officiel).
Les animaux peuvent transmettre à l’homme des
maladies graves, dont certaines sont mortelles. Ils peuvent
ne pas exprimer eux-mêmes la maladie ou être
malades après une incubation longue, c’est
le cas par exemple de la rage d’importation : une
chauve-souris d’Egypte en 1999, un chiot du Maroc
en 2001.
4.3 - EXCURSIONS EN ALTITUDE
(supérieure à 3000 mètres)
Les excursions en altitude doivent faire l’objet d’un
avis médical spécialisé avant le départ.
5 - PRÉVENTION DES DIFFÉRENTS RISQUES [haut
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5.1 - RISQUES LIÉS AUX ARTHROPODES
(moustiques, mouches, fourmis, tiques)
Utiliser des répulsifs ambiants ou de contact, des
vêtements imprégnés et couvrants et,
la nuit, des moustiquaires imprégnées d’insecticide.
Un certain nombre d’arboviroses et notamment la dengue
sont transmises par des moustiques (Aedes pour la dengue,
Culex pour l’encéphalite japonaise par exemple)
qui peuvent piquer durant la journée ou tôt
le soir.
La dengue, affection fébrile et algique, sévit
sur un mode endémo-épidémique dans
les Caraïbes et sur le continent latino-américain,
en Océanie, dans les îles du Pacifique Sud
et de l’Océan Indien, en Asie du Sud et du
Sud-est, et, à un moindre degré, dans les
pays de l’Afrique intertropicale.
Il est important que les mesures de protection contre les
piqûres de moustiques soient prises durant les heures
d’activité de ces moustiques vecteurs.
5.2 - RISQUES LIÉS AUX SCORPIONS ET AUX SERPENTS
Secouer ses habits, ses draps, ses chaussures avant usage.
En zone de végétation : porter des chaussures
fermées, un pantalon long et frapper le sol en marchant.
5.3 - RISQUES LIÉS AUX BAIGNADES
Se renseigner localement sur les risques des bains de mer
ou des bains d’eau douce.
6 - INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES [haut
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(hépatite B, VIH, gonococcie, syphilis, chlamydiose...)
Les IST sont des maladies cosmopolites mais leur taux de
prévalence est particulièrement éevé
dans les pays dont le niveau sanitaire est peu développé.
Certaines IST engagent le pronostic vital (VIH, Hépatite
B) et ne bénéficient pas de traitement curatif,
d’autres sont curables mais hautement contagieuses
(syphilis, gonococcie), ou encore présentent des
risques de complications (herpès, chlamydiose).
L'usage du préservatif masculin ou féminin
est la première prévention indispensable contre
les IST. Dans le cas de la prévention de l’hépatite
B, la vaccination constitue la protection la plus efficace.
Il faut conseiller aux voyageurs ayant eu des conduites
sexuelles à risque de consulter à leur retour
dans leur intérêt et celui de leurs futurs
partenaires.
7 - TRAUMATOLOGIE, SOINS MEDICAUX [haut
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Il est indispensable de prendre un contrat d’assistance
ainsi qu’une assurance avant le départ. Les
accidents (de la circulation ou non) représentent
30 % des causes de rapatriement sanitaire. La prudence s’impose
donc du fait notamment de l’état des routes
et des véhicules ainsi que du non-respect fréquent
des règles de circulation. Le port du casque est
indispensable si l’on circule à deux-roues.
Les transfusions sanguines représentent un risque
majeur dans la plupart des pays aux structures sanitaires
insuffisantes (hépatite B, hépatite C, VIH).
L’absence de banques de sang, de contrôles et
de disponibilité sur place de tests rapides de dépistage
accroissent ces risques. Les soins médicaux avec
injection IV, IM, SC, incision, endoscopie présentent
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